août 1st, 2008

La balade de midi

Il existe certains rites, habitudes inhérent à certains voyages… ils s’instaurent par hasard et deviennent une habitude aussi par hasard. C’est le cas avec la balade de midi. Une balade c’est charmant. Une balade à midi, tout dépend de la latitude, mais c’est un peu plus “chaud”. Une balade à midi en plein cagnard au proche orient c’est con. Et bien figurez-vous que cela a été notre petite habitude bien à nous que l’on a inauguré après seulement quelques heures sur le sol israélien. Je vous explique?

Arrivé 6h du mat sur le tarmac de Ben Gourion. Système de bus pas bien au point, pour aller à Jérusalem il faut déjà prendre 2 bus différents dont un arrêt en pleine campagne. Soit. Cela me permet en fait de découvrir rapidement ces bidasses en vert armés. Gare routière de Jérusalem. Départ pour la mer morte et l’auberge de jeunesse d’En Gedi. Pas de places assises dans le bus. Soit. Au bout d’une heure 2 places se libèrent: confort! Le challenge est maintenant de savoir où on s’arrête exactement. Mon petit côté aventurier me dit de laisser voir venir et qu’on tombera bien dessus… une petite incertitude plane alors sur le moment de notre stop… devant nos doutes, un israélien souhaite nous aider. Soit. Après avoir répéter moulte fois “youth hostel”, l’autochtone parait sûr de lui. Soit. Et là la magie de l’étranger, du décalage, de l’aventure opère: notre bus s’arrête devant une entrée de résidence avec le panneau “YOUTH HOSTEL”. Et donc? et donc notre ami du coin nous fait signe de rester dans le bus, souhaitant nous signifier que ce qu’on le recherche est l’arrêt d’après. Soit soit soit. Je le sens mal. 15 min de bus plus tard, nous voilà devant une 2ème résidence qui s’annonce. Terminus pour nous. Dubitatif nous nous avançons pour découvrir qu’effectivement nous ne sommes pas à l’auberge de jeunesse (la Youth Hostel) mais bien dans le Kiboutz du coin. Soit. “How much is it for a room?” “200$/night” Soit. Pas de longues réflexions, nous voilà parti avec nos packtages sur la route pour retourner sur ces 15min de bus, qui nous séparent de notre auberge de jeunesse. Il n’est pas loin de midi. Le concept de la balade de midi au proche orient vient de naître. Simplement les 15 min de bus se métamorphosent en 1h30 de marche, dans le désert de Judée, avec nos beaux sacs tout pleins, sans avoir dormi (ma nuit dans l’avion n’a pas existé), ni manger… En Gendi nous voici!

sur la route d\'En Gedi en Israel

février 18th, 2008

Après le paradis, l’enfer

Après avoir passé une nuit sur cette petit île au milieu du Mékong, nous voici reparti sur les routes du Laos: objectif Pakse, la sous-préfecture du coin. Nous quittons ce petit coin de paradis aux aurores: Sylvain lance un adieu à la fille au jus de betterave et moi à ma nuit sur le hamac pour retrouver à quelques kilomètres le point de départ de notre trajet. Terrain de terre battue entre plusieurs cahutes et au milieu trône notre navette spatiale en pleine préparation pour un décollage imminent. Et quel engin !!

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Nous avions déjà expérimenté le pousse-pousse, le bus, la moto, le bâteau, la pirogue mais la navette spatiale pour backpackers jamais ! Parce ce que ce genre d’engin a l’air d’être exclusivement réservé aux backpackers et c’est là où tu te dis: danger ! Pas d’autochtones, des backpackers qui arrivent petit à petit, les sacs à dos qui s’entassent sur le toit… hhmm ça sent le trajet épique. Ci-dessous une photo prise par Sylvain alors que j’avais ma mine des grands jours (il était tôt) et que je commençais à réaliser ce qui nous attendait.

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 De navette spatiale, on passait petit à petit à boîte à sardine… les mines des voyageurs déjà installés se décomposaient au fur et à mesure de l’entassement. Au bout d’une 30aine d’individus entassés, le chauffeur décida que c’était assez pour son van qui avait été crée par le constructeur japonais pour 2 fois moins de personne…. mais ça apparemment à ce moment là tout le monde s’en foutait, surtout le chauffeur.

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La balade commença … nous étions pliés les uns contre les autres: impossible de changer de position, impossible d’aller faire pipi, d’aller chercher quoique ce soit dans son sac totalement inatteignable, impossible d’avoir envie de converser gaiement avec ses co-galériens, impossible de ne pas en vouloir à la terre entière de l’existence de ce van pourri et de son chauffeur verreux, impossible de ne plus avoir froid car son sac est toujours inatteignable… bref impossible de penser à ce moment là que le Laos est un magnifique pays où les rencontres avec la population sont souvent magiques, non impossible, il fallait juste attendre que ces 4 heures de voyage passent le plus vite possible… et ce fut long, long

mars 25th, 2007

La chaleur du sud

Nous sommes le 01/02/07 à Kunming (Yunnan, Chine)…

Dans notre timing de périple assez serré, nous décidons de partir un peu plus tot de Kunming pour Jinhong,à l’extrême sud de la Chine, a la frontiere avec le Laos et la Birmanie. A 1800m, le font de l’air etait frais et nous etions tout content d’aller prendre un petit bain de chaleur au sud. En se levant ce matin a Kunming, Buddha avait eu l’heureuse idée de sopoudrer la matinée de neige.

La demoiselle de l’hôtel nous expliqua que c’était très rare et que nous étions chanceux. C’est un point de vue. Bref content de partir vers des cieux plus cléments. Nous arrivons à l’aéroport (il n’y a qu’un aéroport à Kunming, donc pas de risque ratage débile). Il neige encore. On passe le point de contrôle et nous prenons un de ces bus gigantesques qui nous emmène à l’avion. J’avais presque envie de dire “on est bien” mais je me suis retenu vu la chance qu’on avait eu la dernière fois. Et puis le bus roule, roule fait même un grand tour. “Tiens sympa, un petit tour de l’aéroport avant de partir”. “Ah tient on est revenu à la porte d’embarquement”. Je lève les yeux au ciel en demandant à Buddah ce qu’il nous avait mijoté ce coup ci. Et bien figurez vous que Happy Buddah (ça sera dorénavant mon Buddah de référence, chacun son Buddah), n’avait pas seulement balancé un peu de neige a Kunming mais il avait rendu inopérable l’aéroport de Jinhong !! Notre petite ville du sud, notre provence chinoise subissait un des temps les plus pourri de son histoire millénaire (j’exagère peut être un peu). A l’heure qu’il est je patiente à l’aéroport depuis 1h et demie, entre les enfants surexcités qui courent de partout, les annonces en chinois qui s’enchainent annonçant des retards pour de nombreux vols… L’aventure c’est l’aventure !

mars 17th, 2007

Partir à l’aventure c’est déjà partir…

La quête de Shangri La, suite.

“Pour partir à l’aventure, il faut partir”. Vieux dicton du sud de la Chine du XIIIeme siècle qui s’applique à merveille ici.

Mardi 30 janvier au matin. Timing serré mais bien ficelé: on passe à l’agence pour organiser nos trajets et après direction l’aéroport. La fille de l’agence malgré des lunettes assez strictes est bien sympa (j’ai échangé notamment avec elle des onomotapees aux sonorités chinoises tout a fait charmantes). Après moultes rigolades et autre “nihau”, nos billets pour partir de Shanghai et y revenir étaient bookés (délestage au passage de quelques 380 euros); aller, on perd pas de temps, on prend le bus direct pour l’aéroport international de Shanghai, Pudong. “on est bien, on est bien” disais-je d’un air détendu et réjouit à mon condisciple. On arrive pile poile 1h avant le décollage, du bon boulot! On recherche la porte de check-in sur les écrans. Impossible de trouver notre vol. Aaah ces chinois décidément l’organisation… on se renseigne. On nous indique le bon bureau. Je pose mon bagage sur le tapis roulant, on présente nos passeports. Un dernier “on est vraiment bien là ” et… Buddha nous choisit un autre destin (trop simple pour eux c’est surement il dit). Vous savez ce genre de truc qui vient de nulle part, auquel on ne pense pas, un peu comme au théâtre le fameux “deus ex machina”…L’hotesse de l’accueil dit a mon ami une phrase en chinois (oui il parle chinois): à la tête de ce dernier, je comprends que la phrase “on est bien” vient de perdre toute sa valeur positive. Nous nous sommes juste trompés d’aéroport. Et j’ai envie dire, c’est là que c’est bon! L’aventure a finalement commencé avant de partir: impossible de se rendre en moins d’1h à l’aéroport de Kansai (l’ancien aéroport international de Shanghai). Nous parvenons à changer nos billets sans surcout pour le soir même. Je ne vous parlerais pas de la fouille complète de mon bagage le soir même, de l’oubli de nos passeports au guichet du check-in ce même soir,non, vous ne me croiriez pas, pour une seule journée, surtout la 1ère de ce périple, c’est trop. Ce soir là à notre arrivée à Kunming, capitale du Yunan, je ne vous cache pas notre joie, constatant que Buddha avait fini par accéder a nos voeux et nous laisser partir!. Bienvenue au Yunnan !

janvier 26th, 2007

Train N523 pour Hangzhou

En direct live de Shanghai (Chine)

Votre mission si vous l’acceptez: prendre le train N523 à 9h30, à la gare du Sud Shanghai pour rejoindre Hangzhou, la ville du lac de l’Ouest. Vous noterez tout de suite les points de difficultés de cette périlleuse mission: 9h30 et gare du Sud (qui n’a rien à voir bien sûr avec la gare centrale).


Cédant à la facilité, je décolle à 8h45 en m’engouffrant dans un taxi (au prix du métro parisien, je vais pas me priver). Dong!! 1ère faute. Analysons la scène: naïvement j’ai cru qu’en montrant mes tickets de train (tout en chinois), le taxi comprendrait illico presto. Quel grand naïf je fais…Non impossible de lui faire comprendre, la gare en question n’est même pas sur mon plan, donc je ne peux lui montrer. Ca commence fort, très fort. J’ai déjà 8min37 de gacher… Soudainement JP Foucault apparait:”N’oubliez pas, vous avez droit à vos jockers”. Merci Jean-Pierre mais l’avis du public ne me servira pas à grand chose…hhhhmm…aller l’appel à un ami:”J’appelle Mathieu” (souvenez-vous le guide du routard live français). Il est déjà 9h00 et chaque minute compte “Mathieu?”, “Je suis à Qui veut gagner des minutes pour ne pas louper son train et tu es mon jocker”. “Ok pas de problèmes, passes moi le tacos”. Ca coupe. Je vais bien tout va bien, je suis guai, tout me plait… c’est ce qu’une petite voix en moi me murmure. Aller, je rappelle. Et là le miracle de la vie, de la communication, de l’amour euh non je vais un peu loin, se produit: le taxi comprend mon objectif (oui je l’ai compris à son aaaahhhhhh). Je pense qu’à ce moment là il a du me dire “ben oui mais fallait le dire !!!”, comme il me l’a dit en chinois et que j’étais pas sur j’ai préféré ne pas répondre. Et puis je voulais surtout avancer. Là pour le sensibiliser au challenge qui s’offre à nous (car maintenant nous sommes une équipe, nous avons le même objectif) je lui remontre le billet en mettant le doigt sur 9h30 et je lui plante ma montre sous le nez. Et en voiture Chun Li (c’est l’équivalent de Simone ici). Tout le trajet le chauffeur marmonne et tape sur son volant: si il n’arrive pas à temps à la gare, il sera humilié sur 10 générations et il perdra la face. Apparemment il l’a bien compris. Les minutes tournent. Il est 9h29 à ma montre quand nous arrivons à la gare.A ce moment là je suis content: je paye le taxi en me disant au pire je cours sur le quai, au mieux les trains chinois ont un peu de retard, ce qui serait pas si habérant dans un pays à plus d’1 milliards d’individus (dans certains pays de 60 millions d’individus ça arrive bien!). Dong!! 2ème faute !!Je cours et fait la découverte (un peu sur le tard il est vrai) du fonctionnement de cette gare chinoise: on check si vous avez le bon billet avant d’aller en “salle d’embarquement”, exactement comme pour les avions. La demoiselle regarde mon billet… et là ne soupçonnant pas tout le combat qu’il m’avait fallu mener ce matin pour arriver à 9h29 à cette foutue garde du Sud, elle me dit en quelques mots:” ah no, finish, train is gone, finish”. Hhhhhhhhmmmmmm…Je vais bien tout va bien, je suis guai, tout me plait…la petite voix revient.

Je prends la direction du guichet. Bizarrement tout ne se passe pas si mal…la schkoumoun m’avait quitté: pas de queue immense, un personnel plutot sympa qui me change mon billet pour le prochain train qui est dans à peine 30 min… un couple de chinois me propose leur aide pour faire les traducteurs… ma vraie journée pouvait commencer…je vais bien tout va bien…

octobre 30th, 2006

Kratie, business et dépaysement

Je reviens un peu sur le post de Sylvain sur Kratie, au nord du Cambodge. C’était déjà une belle prouesse pour moi cette ville : nos chemins avec Sylvain s’étaient séparés à Angkor l’avant veille:je suis retourné à Phnom Phen et lui est resté à Angkor. Nous nous sommes donnés rendez-vous sur ce point de la carte, Kratie, sans trop savoir ni lui ni moi comment nous allions faire pour honorer notre rendez-vous! Et ben aucun problème… nous sommes arrivés à quelques heures d’intervalles dans ce bled paumé du Cambodge.

Fort de cette réussite j’étais encore persuadé que nous pouvions remonter un bout de Mékong jusqu’au Laos. Idée que s’est empressé de confirmer un jeune du coin qui était responsable de l’hôtel où nous dormions. Un peu sceptique face à tant de facilité, je lui demande de préciser sur le billet du trajet, que nous allions bel et bien prendre le bateau. Je l’entends encore me dire : “No problem Jef, of course, you’ll take the boat”. Billet que vous avez ci-dessous avec la mention “by car and boat” :


Oui nous avons bien pris le bateau sur le Mékong… pas de problèmes… mais pas vraiment un bateau, j’aurais appelé ça un bac, et un bac pour traverser le Mékong dans sa largeur, entre 2h de van, juste pour aller prendre un autre van… bref comme disait Sylvain, l’arnaque… mais bon le petit ne m’avait pas menti, il avait joué sur les mots…
Mais je trouve Sylvain un peu dur sur ce bout de Cambodge. Le Mékong était magnifique et majestueux: la balade pour aller voir une petite colonie de dauphins nous a permis de profiter d’un coucher de soleil comme on en voit dans les films, où le soleil met littéralement le feu au fleuve.
Et puis dans ce genre de petit village, vous pouvez assister à un mariage typique (très bruyant, façon karaoké) ou encore une petite fille en tenue traditionnelle laotienne qui vous regarde partir.
Pour retrouver notre hôtel à Kratie (Cambodge), c’est ici