décembre 9th, 2006

Same Same…but different !

Les voyages sur d’autres continents vous permettent de découvrir des paysages mais surtout des cultures, des peuples et des façons de vivre différentes. Et tout le long de ce voyage le long du Mékong nous étions parfois un peu surpris de cette façon de prendre la vie de la part des vietnamiens, cambodgiens et laotiens : prend la vie comme elle vient… tu m’as demandé ça ? je t’ai dit oui mais je te donne ça … c’est pareil mais différent !

Nous le sentions avec Sylvain depuis le début mais nous n’avions pas de bonnes expressions pour définir cette façon de faire. Ce sont les douaniers laotiens qui allaient nous la donner. Nous étions partis de Kratie (Cambodge) en direction de Pakse (Laos). Nous avons fait des heures de mini bus au milieu de nulle part, à travers des hectares de fôrets en train d’être abbatus par des engins de démolition chinois (à priori pour construire une route). Nous sommes arrivés au bout d’une route chaotique sur un petit poste frontière. Bon je vous le cache pas, on a derrangé tout le monde en pleine partie de pétanque. Les gardes frontières s’affèrent à leurs petits tampons et leurs grands cahiers de registres et avec un grand sourire ils nous demandent la petite taxe en plus, le petit backchish du garde frontière qui va bien. Elle est généallement tolérée à 1 $ … et bien là c’était devenu 5 $ par personne !

Nos collègues de voyages, 2 australiennes, ne l’entendaient pas de cette oreille … elles protestent… le petit douanier paraissait tout penaud face à ces backpackers expérimentées. Il murmure dans un sourire gêné: “1 $ or 5 $ … same same but different “ Il venait de mettre une expression sur cette façon de se dire que finalement tout est possible…A peu près… et que 5 $ ou 1 $ c’était pareil, prendre le bateau sur le Mékong pour le traverser ou remonter le Mékong en bâteau, c’était pareil… On retrouve souvent en Asie cette façon de voir qui diffère vraiment de la notre et cette expression est souvent reprise par les occidentaux pour expliquer cela. Par exemple ici ce blog d’expat à Bangkok qui se nomme : Same Same but different.

octobre 30th, 2006

Kratie, business et dépaysement

Je reviens un peu sur le post de Sylvain sur Kratie, au nord du Cambodge. C’était déjà une belle prouesse pour moi cette ville : nos chemins avec Sylvain s’étaient séparés à Angkor l’avant veille:je suis retourné à Phnom Phen et lui est resté à Angkor. Nous nous sommes donnés rendez-vous sur ce point de la carte, Kratie, sans trop savoir ni lui ni moi comment nous allions faire pour honorer notre rendez-vous! Et ben aucun problème… nous sommes arrivés à quelques heures d’intervalles dans ce bled paumé du Cambodge.

Fort de cette réussite j’étais encore persuadé que nous pouvions remonter un bout de Mékong jusqu’au Laos. Idée que s’est empressé de confirmer un jeune du coin qui était responsable de l’hôtel où nous dormions. Un peu sceptique face à tant de facilité, je lui demande de préciser sur le billet du trajet, que nous allions bel et bien prendre le bateau. Je l’entends encore me dire : “No problem Jef, of course, you’ll take the boat”. Billet que vous avez ci-dessous avec la mention “by car and boat” :


Oui nous avons bien pris le bateau sur le Mékong… pas de problèmes… mais pas vraiment un bateau, j’aurais appelé ça un bac, et un bac pour traverser le Mékong dans sa largeur, entre 2h de van, juste pour aller prendre un autre van… bref comme disait Sylvain, l’arnaque… mais bon le petit ne m’avait pas menti, il avait joué sur les mots…
Mais je trouve Sylvain un peu dur sur ce bout de Cambodge. Le Mékong était magnifique et majestueux: la balade pour aller voir une petite colonie de dauphins nous a permis de profiter d’un coucher de soleil comme on en voit dans les films, où le soleil met littéralement le feu au fleuve.
Et puis dans ce genre de petit village, vous pouvez assister à un mariage typique (très bruyant, façon karaoké) ou encore une petite fille en tenue traditionnelle laotienne qui vous regarde partir.
Pour retrouver notre hôtel à Kratie (Cambodge), c’est ici

octobre 14th, 2006

Circulez, y-a rien à voir !

Voyager en Asie du Sud-Est n’est pas difficile. Des lignes de bus régulières relient les grandes villes, ils partent des gares routières au petit matin et arrivent cinq heures, sept heures, dix heures plus tard à la gare routière de votre destination. C’est marqué dans votre guide : l’emplacement de la gare routière, les horaires, la durée du trajet. Il est conseillé de passer la veille reparer les lieux, acheter des billets si c’est possible et vérifier les horaires.
C’est plus ou moins folklorique, c’est toujours le bazar et la cohue, ce n’est jamais le grand confort mais on monte toujours dans son bus et on arrive toujours à bon port.
Tout ça c’était vrai jusqu’à Kratie, Cambodge. Mais à partir de là, c’était fini, plus de bus, plus de route goudronnée et encore 200 km pour Stung Treng et de là 50 km pour rejoindre la frontière. Si la frontière était le but ce n’était pas non plus la solution à nos problèmes de logistique. L’autre côté de la frontière, c’est le Laos, ce n’est pas Berlin-Ouest. En préparant le voyage, j’avais cru que l’aventure commencerait là. La notion d’aventure et de danger est propre à chacun et dépend de notre expèrience, bien évidemment. C’était déjà l’aventure avant, mais sur des chemins balisés et déjà parcourus.

Mais c’est à Kratie que vous réalisez combien l’Asie du Sud-Est est le jardin de jeu des backpackers. C’est une petite bourgade de 80 000 habitants joliment animée la journée et qui, comme tout le pays, émerge de son cauchemar Khmer Rouge. A part quelques dauphins en voie de disparition sur le Mékong, il n’y a vraiment rien à voir à Kratie. Il n’y a rien à voir mais il y a quand même là chaque soir une trentaine de backpackers, la moitié qui cherchent à rejoindre la frontière avec le Laos, l’autre moitié qui en vient. Alors quelques jeunes ont monté un business : trois mini-vans, quelques rabatteurs, des téléphones portables et je veux bien croire un commerce rentable. Pas de licence, évidemment, pas de prospectus, pas d’agence, il n’y a que trois hôtels à Kratie, les rabatteurs en ont vite fait le tour et pour 20 dollars US, ils vous emmènent sur une petite île au milieu du Mékong juste après la frontière. C’est une arnaque mais c’est bien huilé. Il y a un mini-van qui fait la liaison Kratie-Stung Treng, de là on traverse le Mékong sur une pirogue (motorisée), un autre mini-van nous attend pour nous amener à la frontière et là, après avoir passé la frontière à pied, nous sommes repartis avec le mini-van qui venait d’amener deux italiennes.
C’était une arnaque parce que le service qui fut vendu n’était pas celui qui fut offert et parce que quand on met onze backpackers dans un tout petit min-van, chacun ayant payant entre 15 et 30 dollars US (ça dépend de vos talents de négociateurs et de votre naïveté), on a un retour sur investissement à faire pâlir d’envie les capitalistes les plus forcenés.

Mais c’était une arnaque surtout parce que le parfum d’aventure s’est envolé avec ce service clef-en-main.

Hébergement vacance au Cambodge