août 24th, 2008

Sur les bords de la mer morte

Le soleil brille, les F16 israéliens passent en rase motte toutes les 3 heures, la plage est une plage de galets noirs, la mer est gluante, le sel vous arrache les yeux, vous flottez sans aucun effort: bienvenue sur la mer morte! Une expérience unique de se retrouver dans cet élément entre Israel et la Jordanie.  Voici quelques photos d’En Gedi et de le mer morte:

Prochaine étape: Massada

août 1st, 2008

La balade de midi

Il existe certains rites, habitudes inhérent à certains voyages… ils s’instaurent par hasard et deviennent une habitude aussi par hasard. C’est le cas avec la balade de midi. Une balade c’est charmant. Une balade à midi, tout dépend de la latitude, mais c’est un peu plus “chaud”. Une balade à midi en plein cagnard au proche orient c’est con. Et bien figurez-vous que cela a été notre petite habitude bien à nous que l’on a inauguré après seulement quelques heures sur le sol israélien. Je vous explique?

Arrivé 6h du mat sur le tarmac de Ben Gourion. Système de bus pas bien au point, pour aller à Jérusalem il faut déjà prendre 2 bus différents dont un arrêt en pleine campagne. Soit. Cela me permet en fait de découvrir rapidement ces bidasses en vert armés. Gare routière de Jérusalem. Départ pour la mer morte et l’auberge de jeunesse d’En Gedi. Pas de places assises dans le bus. Soit. Au bout d’une heure 2 places se libèrent: confort! Le challenge est maintenant de savoir où on s’arrête exactement. Mon petit côté aventurier me dit de laisser voir venir et qu’on tombera bien dessus… une petite incertitude plane alors sur le moment de notre stop… devant nos doutes, un israélien souhaite nous aider. Soit. Après avoir répéter moulte fois “youth hostel”, l’autochtone parait sûr de lui. Soit. Et là la magie de l’étranger, du décalage, de l’aventure opère: notre bus s’arrête devant une entrée de résidence avec le panneau “YOUTH HOSTEL”. Et donc? et donc notre ami du coin nous fait signe de rester dans le bus, souhaitant nous signifier que ce qu’on le recherche est l’arrêt d’après. Soit soit soit. Je le sens mal. 15 min de bus plus tard, nous voilà devant une 2ème résidence qui s’annonce. Terminus pour nous. Dubitatif nous nous avançons pour découvrir qu’effectivement nous ne sommes pas à l’auberge de jeunesse (la Youth Hostel) mais bien dans le Kiboutz du coin. Soit. “How much is it for a room?” “200$/night” Soit. Pas de longues réflexions, nous voilà parti avec nos packtages sur la route pour retourner sur ces 15min de bus, qui nous séparent de notre auberge de jeunesse. Il n’est pas loin de midi. Le concept de la balade de midi au proche orient vient de naître. Simplement les 15 min de bus se métamorphosent en 1h30 de marche, dans le désert de Judée, avec nos beaux sacs tout pleins, sans avoir dormi (ma nuit dans l’avion n’a pas existé), ni manger… En Gendi nous voici!

sur la route d\'En Gedi en Israel

juillet 20th, 2008

Le prénom de sa mère

22H30, aéroport Charles de Gaulle, Paris.

Notre avion décolle dans une heure et demie. Tranquille.  Sylvain et moi arrivons avec nos pactages à la zone d’enregistrement des baggages de la compagnie aérienne nationale israélienne, El Al. Assez heureux d’avoir décidé et organisé ce voyage, nous étions impatients de partir.

Nous savions que les contrôles étaient rigoureux… Nous n’avions pas encore retiré nos billets électroniques, que 2 employés d’El Al nous prennent séparément pour nous poser quelques questions de routines. Jusque là pourquoi pas. Le questionnaire commence: depuis quand connaissez vous votre ami? est-ce votre petit ami? pourquoi aller à Israël? quand avez vous planifié votre voyage? êtes-vous déjà aller en Iran? ok ok ok… les questions finissent par s’arrêter et l’inquisiteur rend compte avec le collègue qui interrogeait Sylvain à son boss. Et c’est là où le doute s’installe: ils débattent!!! 2 petits trentenaires, certes mal rasés, avec leurs petits sac à dos et appareil photo qui partent 10 jours sur les traces de Jésus, des templiers et autre Ben Gourion font débat sur leur honnêteté et sur leur possible mise en danger de l’état d’Israël, en tout cas du vol 714 pour Tel-Aviv… j’hallucine!!! Nos 2 enquêteurs (entre nous soit dit, le mien d’enquêteur n’a pas l’air très fûté avec ses lunettes doubles foyés- ok on n’avait dit pas le physique -) reviennent à la charge: notre interrogatoire continue.  Et là on atteint des sommets dans le style question-débile-qui-ne-te-dira-jamais-si-je-suis-un-terroriste-ou-pas: depuis combien de temps travailles tu dans ton entreprise? tu peux me le prouver? et là on en vient au plus pittoresque:
- Connais tu le prénom de la mère de ton ami?
- Non
- Quoi? moi je connais le prénom de la mère de mon meilleur ami!
- Vous avez de la chance (un ton un peu énervé, il commençait vraiment à me gonfler)
- Qu’est ce qu’il aime dans la vie?
- Le vélo
- Ah….

Je commençais à me dire que tout cela allait nous mener nulle part, en tout cas pas à Jérusalem. Et puis soudain… “ok, you can go” (oui c’était en anglais). Tout ça pour ça.

23h00 Aéroport Charles de Gaulles, Paris - Zone d’embarquement
Est ce vraiment une bonne idée de partir là-bas?

juillet 17th, 2008

La guerre

C’est la première fois où je vais dans un pays en état de quasi guerre. Israël n’est pas en guerre officiellement mais les attentats réguliers, les roquettes du sud Liban, les bidasses en armes que j’ai vu partout, les patrouilles militaires à Jérusalem ne sont pas des signes de paix. Ce soir je suis allé voir Valse avec Bachir, un documentaire animation du réalisateur israelien Ari Folman. Un film fort. Ce film autobiographique retrace le chemin du réalisateur, ex soldat,  sur les traces de son passé dans l’armée, qu’il a totalement zappé et plus précisément sur ce massacre de Sabra etr Chatila, auquel il ne sait pas si il y a participé. Sabra et Chatila fait aussi parti de mon enfance. J’ai dans la tête cette vidéo sur Antenne 2 (que j’ai du surement revoir plus tard), le retour de mon grand père casque bleu du Liban, ces attentats, ces mercedes libanaises… bref ces images que j’ai retrouvé dans ce film et lors de mon voyage en Israël.

valse avec bachir

Ce film me rappelle cette jeunesse militaire que j’ai croisé à chaque gare routière à travers le pays: M16, Uzi, fusil d’assault à la main (ils le gardent même hors de la caserne), tenue de militaire en vert… c’etait impressionnant cette masse verte ominprésente, si jeune, si armée… ce massacre de Sabra et Chatila marque aussi l’horeur de cette diaspora palestinienne qui a fuit la création de ce pays, et notamment dans des camps de réfugiés au Liban et précisément dans la banlieue de Beyrouth. C’est ce que j’ai ressenti là-bas: cette impression de vivre l’Histoire, l’Histoire contemporaine. Ce film est entièrement fait de dessins… sauf à la fin où la vidéo du massacre est diffusée telle quelle, sans musique, sans fioritures… juste la conscéquence de cette guerre, comme la conscéquence de toutes les guerres, la mort. Une bonne claque ce film.