Rendez-vous dans 500 ans

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Suite et fin de mon escapade anversoise. La capitale des Flandres a choisi de ne pas choisir, la gourmande. Oui pourquoi se concentrer sur un seul festival l’été alors qu’on peut animer tout son été avec une multitude de festivals. C’est le pari d’Anvers. Electro, musique du monde, variétés… tout l’été c’est un peu la fête à Anvers. Pour des raisons de calendrier et de recherche farouche et permanente d’insolite, me voilà parti à la découverte du festival Laus Polyphoniae.

Mais qu’est ce donc ? L’idée est simple : rejouer la musique médiévale. Mais pas n’importe comment, ni avec n’importe qui. C’est toute une ambiance que ce festival. C’est d’abord la découverte d’une époque donc, mais aussi d’une région. Cette année c’était la méditerranée. Ma première étape de ce festival était un dîner slovène au sein d’une ancienne église baroque, Sainte Augustine, qui est le centre du festival.

Dîner simple, mais bon et surtout dans un cadre incroyable. Et puis le temps du premier concert est arrivé. Au menu : chansons populaires de la Renaissance italienne. C’est l’Ensemble Micrologus qui interprète ces chansons vieilles de plus de 500 ans, qui ont directement influencer toute la Commedia Dell’Arte. Mais si vous vous attendiez à voir arriver sur scène des vieillards avec 2 violons, une guitare et tambourin, c’est loupé, voici la chanteuse et initiatrice de l’Ensemble Micrologus, Patrizia Bovi :

Voilà, voilà. Une superbe voix, une énergie incroyable, la chanson populaire italienne d’il y a 500 ans renaît sous vous yeux avec des dizaines d’instruments médiévaux. Le festival démarrait fort de mon côté.

Patrizia en préparation avec sa harpe

Mais je ne pouvais pas m’attarder sur la harpe de Patrizia, j’avais rendez-vous à l’église St Paul, tout à côté de mon chez moi pour un moment de polyphonie. Là encore un cadre incroyable : St Paul avec ses tableaux de maîtres tel que Rubens ou Van Dyck, la nuit, le concert était à 22h, la lumière… une atmosphère… spéciale et propice aux émotions.

C’est l’Ensemble Huelgas qui nous a interprété les chants d’un auteur slovène du XVIème siècle. Alors oui, je vois déjà votre petit rictus. Mais je vous assure que ces voix, parfois une quinzaine à chanter , dans ce cadre là, vous emmenent très très loin, par exemple au XVIème siècle. Un excellent moment.

Mais le meilleur était à venir. J’avais rendez-vous avec Venise et sa musique baroque de la Renaissance, j’avais rendez-vous avec Cappella Mediterranea. C’était le lendemain de mon dernier concert, retour à St Augustine. Et il faut bien l’avouer, le début du concert m’a coupé les jambes. Ma réputation de clubbers émérite en prendrait un coup si elle existait, mais j’ai été scotché : lumière sombre, silence de cathédrale (ok on était dans une église…), et soudain au loin, dans la pénombre, vous entendez une voix, pure, sortie du fin fond des siècles, qui mélancoliquement, se rapproche de vous, petit à petit. Scotché je vous dis. L’interprète, la soprano argentine Mariana Flores, donne vie à ces chants vieux de 500 ans. 500 ans et pourtant, je pense ressentir la même émotion que les gens de l’époque. Une sorte de message, comme si l’auteur m’avait donné rendez-vous ici, 500 ans après l’écriture de son oeuvre. C’est sympa d’avoir penser à moi. La portée historique du festival apporte une dimension temporelle fascinante. 

La performance de la cantatrice et de ses musiciens est tout simplement exceptionnelle : vous avez l’impression qu’elle ne chante que pour vous (c’est peut-être aussi mon petit côté égocentrique), elle se balade parfois dans les travées de l’église, et vous enveloppe de sa voix. Un peu comme si l’esprit de l’auteur et de ses interprètes d’antan flottaient dans cette église  Dans cette atmosphère, les silences comptent tout autant que la musique avec l’acoustique si spéciale des églises. Les saints représentés sur les tableaux donnent l’impression de reprendre en coeur les chants. Et non je n’avais (pas encore) bu.

Et puis il y a ces petits détails qui trahissent la passion de ces musiciens : ce musicien qui s’acharne comme un Rolling Stone sur… son clavecin. Ou encore ce respectable musicologue (j’imagine qu’ils le sont pour la plupart pour s’intéresser à des instruments vieux de plusieurs siècles), en costard, qui à la cheville porte des grelots comme le fou du roi. Un moment assez magique, sur lequel je clos mon escapade anversoise et mon escapade au XVème siècle…

Quelques infos pratiques :
> le site officiel de  Cappella Mediterranea
>le festival Laus Polyphoniae d’Amuz a lieu chaque année fin août/début septembre
> nul besoin d’être connaisseur ou musicologue, ouvrez juste vos oreilles et fermer les yeux
> le site officiel du festival : http://www.amuz.be/
> le site officiel de l’office de tourisme d’Anvers pour organiser votre voyage

 

A propos de Jef
Au simple mot insolite, il est toujours prêt à faire quelques km en plus. Passionné de voyage, il anime Voyage-Insolite.com et son blog perso Vol714.com, le jour devient dealer de gadgets avec Super-Insolite.com et le jeudi organise l’apéro avec Aperodujeudi.com. Et la nuit dort. Parfois.

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2 thoughts on “Rendez-vous dans 500 ans”

  1. Laurent

    le site officiel de cappellamediterranea.com et pas .org

    1. Jef

      merci pour la précision !

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