Souvenirs d’Hiroshima

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2002. Coupe du monde de football au Japon. Et du coup échange universitaire là-bas pour votre serviteur. Oh pas que pour le ballon rond tout de même (quoique…) : à l’époque je n’étais jamais allé en Asie, encore moins au Japon, qui est plutôt à part en Asie. Et l’Asie m’avait toujours attiré. Et depuis Albator, les Cités d’Or ou encore Cobra, je sentais bien qu’il se passait des choses là-bas, au pays du Soleil Levant.  J’ai vécu 6 mois très intenses. Totalement perdu dans une culture incroyablement riche et complexe. Un séjour passionnant que je n’ai jamais raconté ici. Profitant de ce jour spécial, j’ai décidé de m’offrir (et de le partager avec vous), un voyage dans le temps et l’espace, un voyage au Japon en 2002, que je commence par Hiroshima.

Hiroshima n’a été qu’une étape pour moi sur mon voyage intérieur au Japon juste avant que je rentre en France. Une tournée d’adieu, histoire de goûter au maximum au Japon avant de retrouver mon poulet de Bresse à Lyon. Je me suis donc offert un « train trip » : un billet de 7 jours avec le Shinkansen, le TGV japonais. Le mien ressemblait clairement à un ornithorynque. J’ai souvent eu l’impression de vivre dans un manga au Japon. Je voyageais donc en ornithorynque sur rails ultra rapide.

shinkansen-japon

Silencieux, toujours à l’heure (dans une émission j’entendais récemment qu’en 20 ans d’exploitation, le Shinkanzen reliant Tokyo à Osaka (de mémoire hien) n’avait jamais été en retard, jamais), avec de la place… la vitesse exacte s’affichait (c’est arrivé peut-être 10 ans plus tard chez nous ?). Mon périple ? Plein sud : Kyoto, Nara, Osaka, Kobe, Himeji et son château pour finir par l’île de Miyajima et Hiroshima donc.

Hiroshima est redevenu l’un des principaux centres industriels du Japon. D’ailleurs quand on y pense c’est fou : de 1945 à nos jours, la ville a réussi à passer de 0 ou quelques milliers à … 1.1 millions d’habitants. On y retrouve par exemple les usines du constructeur automobile Mazda. Après s’être pris un cataclysme en pleine tronche, il a fallu seulement 50 ans à la ville, pour repartir de 0 et redevenir ce centre industriel. Les usines d’armement chimiques en moins. C’est pas plus mal.

Car oui avant de devenir une cité de la paix (distinction officielle apparemment), Hiroshima était l’un des plus gros centres militaires du pays : armement chimique donc mais aussi toute la défense et l’armée de terre du sud du pays était concentrée ici. C’est Kyoto qui avait été choisie pour cette grande première macabre. Mais l’un des colonels américains avait fait sa lune de miel là-bas : subjugué par la beauté de cette ville, ses centaines de temples, un héritage culturel et architectural rare au Japon, il avait décidé de dévier la cible sur Hiroshima. On aurait préféré qu’il range son fusil. Même si les américains ne voyaient plus la fin de la guerre à commencer par les kamikases qui causaient d’effroyables pertes humaines alors que la messe était dite. Vaste débat. Mais bon on aurait quand même préféré qu’Enola Gay ne décolle jamais.

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Du coup on se retrouve là au parc de la paix. Un peu sonné. A la verticale du point 0, dans la moiteur du juillet japonais, à regarder dans le ciel et s’immaginer 67 ans plutôt, 587 m plus haut, la première bombe atomique explosait.

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On photographie le Genbaku Dome seul batiment dont les structures ont survécu au souffle dévastateur de Little Boy.

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En fait j’ai été sonné toute la journée. Et j’étais content d’être seul face à cela. Pour le digérer. Le parc de la paix, au centre de la ville est une sorte de pellerinage. Ici l’Histoire s’est écrite. Et elle s’est écrite dans l’horreur. 75 000 personnes exterminées d’un coup, 50 000 quelques semaines plus tard. En tout on estime à 250 000 âmes rayées de la carte par Little Boy. Vous prenez ces chiffres en pleine tronche mais pas que : le musée vous entraîne dans un exposé difficile à suivre. Photos des milliers de blessés, des enfants, des vieillards, le regard perdu, les témoignages, les explications… si après ça vous n’êtes pas pacifiste… Même la nature s’est faite avoir : ces arbres n’ont pas connu un jardinier un peu fou. Ils ont eu le malheur d’avoir croisé la bombe et ses rayons.

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Le cénatophe qui reprend les noms de toutes les victimes connues.

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Evidemment avec une telle saloperie, la mort s’amuse des années après à frapper où elle veut. Comme chez cette petite japonaise de 12 ans, Sadako Sasaki, qui en 1955 fut atteinte par la leucémie. Une légende dit que si on fabrique 1000 grues en origami (l’oiseau hein pas l’engin de chantier), notre voeux est exhaussé. Elle et sa famille se sont mis alors frénétiquement à créer des grues de papier. La 664ème fut la dernière pour Sadako. L’histoire émue tout le pays : les 1000 grues ont été atteinte avec l’aide de pleins d’écoles et des fonds furent récolter pour le monument ci-dessous. Il est devenu l’un des symboles pour tous les enfants mort à cause de la bombe.

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Je partais pour la magnifique île de Myajima le lendemain. Une nuit dans une petite auberge de jeunesse en banlieue et ses bains publics plus qu’agréables en ce mois de juillet dégoulinant allaient conclure cette lourde journée.

A propos de Jef
Au simple mot insolite, il est toujours prêt à faire quelques km en plus. Passionné de voyage, il anime Voyage-Insolite.com et son blog perso Vol714.com, le jour devient dealer de gadgets avec Super-Insolite.com et le jeudi organise l’apéro avec Aperodujeudi.com. Et la nuit dort. Parfois.

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