Le jour où je me suis pris pour un sumo à Tokyo

2011. Quelques mois après Fukushima, j’avais décidé de maintenir mon voyage au Japon. J’avais trop envie 10 ans après de goûter à nouveau au Japon, au japonais. Et j’ai bien fait. Dans cette semaine japonaise à Tokyo, hors du temps, mon ami Toru m’avait programmé une big journée. Une journée avec des sumos.

Le mec me dit : « tu vas t’entraîner avec les sumos. »
« Ok mec, j’ai du bidon, j’avoue, mais de là à me mesurer aux sumos, y a de la marge non ?! »
« Tu vas voir. »

J’ai donc essayé de me mesurer aux sumos ce jour. Tu verras, j’ai pas tout le temps gagné… mais pas tout le temps perdu…

Les combats de sumo ne se pratiquent qu’au Japon. Les sumos sont vénérés comme des quasi dieux (un peu comme moi dans le monde des blogueurs). Connus dans tout le pays, ils ont un statut vraiment à part dans la société japonaise.

Mais avant de devenir yokozuna (ce qui reste exceptionnel dans la carrière d’un sumo), les rikishi (lutteur de sumo) subissent des années de vie quasi monacale : ils commencent au bas de l’échelle, en étant simple grouillot (tâches de ménage par exemple) et relativement peu considérés (ça fait parti de l’apprentissage) puis petit à petit montent les échelons, devenant pour certains sparing partner lors des entraînements pour enfin devenir un véritable lutteur de sumo.

En quelques heures d’entraînements, j’ai pu constater que la vie de sumo, ou d’apprenti sumo, n’est pas toujours simple. Loin de là.

Comment assister à un entrainement de sumo gratuitement ?

Et ben c’est pas gagné. C’est faisable mais c’est pas gagné. J’ai eu la chance d’avoir un ami japonais qui m’a organisé tout ça mais comme je suis un mec assez génial, voilà quelques infos pour assister à un entrainement de sumo.

Déjà éviter les périodes de tournois qui vous privera des entraînements :
– Tokyo : janvier, mai et septembre
– Osaka : mars
– Nagoya : juillet
– Fukuoka : novembre

A Tokyo, il y a un quartier dédié aux sumos : le Ryogoku. Situé à l’est de la rivière Sumida, c’est là bas que tu peux essayer de vivre un entrainement de sumo. C’est ce que j’ai fait.

Le site ichiban-japan.com recense 3 Heia (écurie de sumo) à contacter pour réserver votre visite :

Je vous conseille fortement de vous faire aider par un ami japonais si vous ne parlez pas japonais : les Heia sont parfois un peu réticentes à accueillir des étrangers, et ça sera beaucoup plus pratique de prendre rendez-vous en japonais.

Mon expérience

Le réveil sonne tôt. Très tôt. Je suis hébergé chez Toru en banlieue tokyoïte à une heure du Ryogoku. Et l’accueil à l’entrainement se fait à 7h. Et hors de question d’être en retard, la porte sera fermée.

Ca pique mais je suis tellement motivé. Totalement curieux de cet univers qui m’est étranger. Nous arrivons. On nous indique où nous installer, tout proche du terrain d’entrainement.  Les apprentis sumos sont déjà à l’oeuvre pour préparer l’entrainement, notamment avec leur balais pour balayer la terre battue qui recouvre le sol.

entrainement sumo

On nous propose du thé, nous n’avons pas le droit de parler. Les photos sont autorisées mais sans flash. Pas besoin de parler de toutes façon, on est rapidement fasciné par le petit ballet qui se passe devant nous. Non les sumos n’ont pas mis de tutu mais la 20 aine de sumo devant moi répètent pendant 4 bonnes heures les mêmes gestes, les mêmes efforts, la même détermination.

La peau claque, les os s’entrechoquent, les masses s’opposent. Puissant.
Autant de dire que je ne suis pas descendu dans l’arène hein.
En plus ça tombait bien, j’avais pas le droit.

Je te laisse voir et écouter sur la vidéo :

entrainement sumo entrainement sumo

L’entrainement est principalement fait de de séries de combats relativement courts. Je vous rappelle que le but du sumo est de faire sortir son adversaire du cercle.

Pendant ces combats tous les sumos qui attendent s’échauffent et font le fameux geste que tu as surement découvert avec Street Fighter et Honda : ils tapent leurs pieds par terre en se tapant sur les cuisses. Je te rassure pas de Dhalsim en vue.

entrainement sumo entrainement sumo entrainement sumo

La société japonaise est très codifiée, le monde des sumos aussi. Chacun doit rester à sa place : tout proche du terrain d’entraînement on sent bien la hiérarchie. Celui qui gagne reste au centre jusqu’à ce qu’il perde. Les mecs vont au bout d’eux-même : j’ai même vu un sumo pleurer. Les apprentis ne cessent de préparer le terrain et s’occupe de tout ranger à la fin de l’entrainement. C’est même eux qui préparent le repas que je vais déguster…

entrainement sumo

Manger avec les sumos

J’ai eu le privilège de partager leur repas après l’entrainement. Je pensais tenir ma revanche. Ok rien pu faire dans l’arène, là au repas, je vais les défoncer.

T’imagine bien qu’un sumo qui déjeune après un entrainement, c’est aussi un spectacle. Impossible de rivaliser, je perdais la deuxième manche.

Non honnêtement les 2 sumos avec qui nous avons pu partager ce délicieux déjeuner japonais étaient super accessibles et très gentils.

entrainement sumo

On a pu se comparer les bidons (un domaine où je suis quand même pas si mauvais) et j’ai même tenté l’impossible : les inviter à l’Apéro du Jeudi que j’organisais le soir même dans le centre de Tokyo. Là j’avais ma chance !

Et bien figurez-vous qu’ils sont venus ! Et prendre une bière à l’apéro avec des sumos et des amis japonais, je peux vous dire que ça m’a fait mon année. Au bout d’une heure, les 2 sumos apéroclubbers ont reçu un message de la directrice de leur club, il faut rentrer ! Et nos petits sumos ont immédiatement plié bagage. On ne rigole pas avec la directrice. Ouais mec, je venais de coucher les sumos ! J’avais enfin gagné, même au 3ème round !

apero tokyo sumo

Assister à un entrainement de sumo, c’est goûter à un petit peu de culture japonaise pure, une de ces traditions nippones qui n’a pas bougé depuis des siècles. Une petite dose de Japon qui reste gravée dans ma mémoire. Merci Toru !

Jeff - Vol 714

Vol714.com c’est ma petite parenthèse voyage. Je partage ici (autant pour vous que pour moi) mes aventures, mes coups de coeur, mes souvenirs de voyage.

Quand je ne partage pas ici mes voyages, je m’amuse avec Voyage-Insolite.com, deale des cadeaux sur Super-Insolite.com et organise des apéros le jeudi avec Aperodujeudi.com. Et dors un peu la nuit.

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