Quand le Cambodge était l’enfer sur terre

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Le Cambodge peut avoir des petits airs de paradis. Les Khmers rouges en ont fait un véritable enfer sur terre entre 1975 et 1979. Influencés par la doctrine maoïste ou encore le stalinisme, les fanatiques Khmers rouges, avec à leur tête le sanguinaire « Frère n°1 », Pol Pot ont sacrifié prêt d’un quart de la population de leur pays, soit environ 2 millions de cambodgiens (les estimations varient), un véritable génocide. 4 ans de terreur absolue où tout le monde pouvait être exécuté pour n’importe quoi. Déjà à le lire dans les livres d’histoire, c’est difficile. Mais visiter ces lieux de tortures et d’exécution est une épreuve, une épreuve à passer pour qui s’intéresse un peu au Cambodge.

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 Phnom Penh pendant les années Khmers rouges : le regard de cette femme et son bébé en disent long (mémorial Choeng Ek)

S-21 ou le lycée de la mort

Ce bâtiment aurait dû être un lycée comme les autres. En plein coeur de la ville, structure classique, des pelouses pour les enfants… c’est ce qu’on peut voir en arrivant dans cet ancien lycée. Sauf qu’en 1975 les Khmers lui donnent un autre destin : « centre de rééducation ». En fait une véritable machine à torturer, faire avouer des crimes inexistant, à tuer, à exécuter. Lorsque vous commencez la visite, vous mettez un pied en enfer : salle de classe transformée en salle de torture avec encore la structure de lit en fer, ses menottes encore présentes, parfois même calcinée car on a brûlé vif un condamné;

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les salles de torture donne sur la rue et le voisinage, en plein Phnom Penh

 

cellule de 2m2 où on ne peut pas s’allonger; des couloirs tapissés de barbelés pour éviter que les prisonniers ne sautent des étages pour se suicider;

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ces centaines de portraits en noir et blanc, des visages de tous âges, parfois des familles entière (les parents et leurs 4 enfants), qui vous fixent parfois sans plus aucun espoir, parfois avec un sourire comme si ils ne savaient pas trop ce qui allait se passer. A l’arrivée des vietnamiens en 1979, il n’y avait que 7 survivants sur les 20 000 prisonniers passés par là. 

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Dans leur doctrine les Khmers rouges étaient méticuleux, dans leur torture aussi : tout est consigné, des centaines de documents administratifs, de photos…

Vous sortez de là les jambes sciées. Vous venez de prendre une grosse claque. Vous respirez un grand coup pour respirer ce petit air liberté, qu’on a tendance à négliger et oublier au quotidien. Mais il y avait d’autres morts à ne pas oublier, un autre lieu symbole de la folie khmer à visiter : les champs de la mort.

Les Champs de la mort

En banlieue de Phnom Penh, vous pourrez visiter un mémorial dédié à plus de 17 000 disparus, vous êtes au camp d’execution de Choeang Ek. Entre 1975 et 1978, c’était le terminus des prisonniers du S-21. Ils arrivaient par camions entiers et étaient exécutés, comme l’explique la visite avec des pioches ou des marteaux pour économiser les balles. Plus de 129 charniers ont été découverts à ce jour, 43 ont été laissé tels quels.

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Comme pour le S-21, cette visite laissera des traces. Pour moi ça sera cet arbre aux milles bracelets : les bourreaux fracassaient les crânes des nourrissons dessus. Il fallait purifier totalement la société cambodgienne et il fallait aussi évité que les descendant ne se vengent.

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Au delà de ces lieux de tuerie, le mémorial propose un audio-guide. En plus des visites commentées, indispensables à une bonne compréhension de ce mémorial, les organisateurs ont eu une excellente idée : essayer de recréer l’ambiance sonore de ce camps. Car oui, pour cacher toutes leurs exactions des paysans alentours et recouvrir les cris de souffrances des victimes, des haut-parleurs gueulait des musiques du parti, des discours de propagandes. Pour quelques secondes vous vous mettez à la place de ce professeur de lettre, dont le seul crime était le savoir, et qui allait finir sa vie, exécuté par un coup de pioche, par un bourreau lui aussi menacé de mort si il n’accomplissait pas son horrible tâche.

Ainsi était le Cambodge des Khmers rouges. « Libéré » par l’armée vietnamienne en 1979 (car l’armée vietnamienne n’est pas venue seulement pour libérer le peuple cambodgien de ces horreurs), le Cambodge peine à tourner la page. Les procès, dont les financement de l’ONU sont en grande partie détournés par la corruption locale, ne condamnent finalement que très peu de haut dignitaires khmers. Certains se retrouvent même encore à des postes de décision ou ont même été dans le gouvernement jusqu’à la fin des années 90.

Le combat est aujourd’hui la mémoire et l’histoire. En juin 2013, le parlement cambodgien adopte une loi punissant de deux ans de prison à « tout individu qui ne reconnaît pas, qui minimise ou qui nie » les crimes des Khmers rouges. Ces lieux de mémoires sont déjà une belle victoire pour les victimes et ce pays du sourire : les petits cambodgiens sauront et n’oublieront pas, comme je n’oublierai pas.

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des écoliers cambodgiens qui visitent le S21

A propos de Jef
Au simple mot insolite, il est toujours prêt à faire quelques km en plus. Passionné de voyage, il anime Voyage-Insolite.com et son blog perso Vol714.com, le jour devient dealer de gadgets avec Super-Insolite.com et le jeudi organise l’apéro avec Aperodujeudi.com. Et la nuit dort. Parfois.

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